Last July, the British Office for Statistics released information showing that in 2013, the highest paid age group among men in the United Kingdom was 50 year olds. In contrast, the same group among females was 34 year olds. In other words it means that, on an average, men see their earnings rise until they are 50, while for women the increase stops at 34.

According to the British Office for Statistics, there is a perfectly good explanation for this. 34 is typically the age when women take “the mommy track”, leaving the labor market or looking for part time jobs to take care of their young children. (Whether they are willing or not to become their children’s main nurturer, they still overwhelmingly embrace the role in Western couples.) In addition, the British Office for Statistics notices that while the gender balance is relatively even for high and low skilled jobs, men are more likely to work in skilled trade jobs whereas women are keener on joining administrative and caring occupations that typically are not as well paid. To sum things up, parenthood and types of employment chosen explain the big difference.

While the news was seemingly not important enough to cross the Channel – what would the numbers in France be? -, the statistic itself is haunting. 34 is young, terribly young. For a women entering the job market and anticipating a 45-year working life, it means that on an average her earnings will peak after only a fourth of her career. It also means that her earnings will not evolve over three decades. How is that an incentive to exert oneself at work as Sheryl Sandberg would prompt them to do if maternity is such a career-breaker?

40 years earlier, in 1975, the highest earning males were 38 year olds while females were only 25 years old. While the same explanations probably applied as to why men had a longer pay-rise period expectancy, the gap between the two genders was « only » 13 years. 40 years of feminism later, the difference has increased to 16 years. Seen from that perspective, a man’s career still looks much more exciting than a woman’s career.

Although the picture is gloomy, another statistic should push women towards optimism. The difference between male and female average pay for the under 30 year olds has decreased dramatically since 1975 and is close to zero up to around the age of 30. In 1975, it was over 40%. At least it’s proving that men and women are equal until they reach the age of 30.

Feminists have fought a lot in the last two generations on a number of topics in relation with gender equality. There is an obvious area where they could fight more: on mothers returning to work and trying to « catch up » to men on lost career and earnings due to years spent on parenting. The British statistics show all too more aggressively how it equates with career breaking, lost opportunities and suspended job evolutions.

Je travaille dans une honorable institution financière française à New York et tous les jours, l’entreprise se découvre des velléités de se protéger contre des émules de Kerviel. Entre le projet K, le programme CaMaCoEn, les séminaires Kerdown et CLEAN, les agissements du trader ont provoqué une avalanche de projets de prévention de fraude qui épuisent les bibliothèques d’acronymes. Ce sont toutes les banques qui revoient en profondeur leurs procédures pour se prémunir d’une fraude de la même taille. Un groupe d’économistes se penchera peut-être un jour sur les coûts induits dans le monde bancaire par Kerviel, coûts qui vont bien au-delà des 5 milliards d’euros perdus par la Société Générale.

En attendant, l’autorité de tutelle de mon employeur, la Federal Reserve Bank, a trouvé le meilleur moyen d’empêcher l’éclosion de petits Kerviel : elle force tous les employés de banque à partir en vacances. Kerviel avait une particularité, qui l’est encore plus quand on sait qu’il est français : il ne prenait jamais de vacances. Car comment couvrir ses positions quand on est en vacances ? Ne pas partir, c’est encore le meilleur moyen de rester à la barre d’un bateau, même si celui-ci part à la dérive.

La Fed, dans sa grande sagesse, impose donc à tous de partir deux semaines d’affilée par an en vacances. Deux semaines ? D’affilée ? Il y a bien eu quelques réactions surprenantes, entre ceux qui juraient que jamais leur poste ne leur permettrait de partir si longtemps et ceux qui prenaient, contraints et forcés leurs deux semaines, en ne mettant pas le nez en dehors de chez eux, mais en le faisant savoir haut et fort. Mais tout le monde a fini par s’y mettre vite, et très vite. Mon employeur, gêné de forcer ses employés à aligner deux longues semaines de vacances sur les trois qu’ils avaient tous les ans, a coupé court à toutes les récriminations en ajoutant une semaine de vacances à tout le monde ! On a vu pire comme châtiment. En attendant, l’employé en vacances se voit couper tout accès au bureau. Son ordinateur est déconnecté, son badge d’accès désactivé. Seul son blackberry survit à l’excommunion temporaire…

Partir en vacances a toujours quelque chose de honteux chez nos amis d’outre-Atlantique. Pour le protestant qui sommeille en lui, c’est prendre du bon temps, laisser du travail à des collègues et… risquer de se faire chiper la place pendant son absence. Aussi, on ne se réjouit jamais de partir. On part en vacances parce que ses enfants sont eux-mêmes « out of school » et qu’il faut les garder, ou parce que sa mère est malade, ou parce qu’on veut donner des cours de religion dans l’école d’à-côté, mais pas parce qu’on est fatigué et qu’on a besoin de se ressourcer. Alors quand votre autorité de tutelle vous force à prendre des vacances, celles-ci se transforment en « mandatory leave ». Entre le 15 et le 30 août, période préférée des Américains pour clore l’été avec un petit voyage (les enfants sont revenus de camp et n’ont rien à faire avant la rentrée début septembre), on ne part plus en vacances, mais en « mandatory leave ».

Mais c’est encore en fin d’année que les deux semaines consécutives se prennent le mieux. Entre le 15 et le 30 décembre, avant qu’il ne soit trop tard et que votre employeur vous mette à la porte pour deux semaines. Et c’est là que le mandatory leave trouve toute la saveur de son nom.

Mad of Mad Men

avril 4, 2010

Le 23 mars 2010, sortait en grande pompe dans les Blockbuster et autres Netflix du pays la troisième saison de Mad Men. Une saison d’une série télé qui sort en DVD, c’est au choix vingt-six ou malheureusement dans le cas de Mad Men, seulement treize épisodes de quarante-cinq minutes à s’enfiler les uns derrière les autres, sans publicité, à la meilleure heure du jour, quand les enfants sont couchés. Six cents minutes, dix heures de bonheur pur.

Mad Men, c’est l’histoire de publicitaires (« Ad Men »), un peu déjantés (MAD), installés sur MADison Avenue à New York. La série se passe au début des années 1960 et raconte le quotidien d’une agence vieille de quarante ans mais à la pointe de la création. Si le cadre est atypique, les ingrédients de Mad Men ne sont pas bien différents de ceux des autres séries télé. Des hommes (les publicitaires, commerciaux ou créatifs) et des femmes (leurs assistantes) se croisent sur leur lieu de travail (l’agence). Les hommes règnent sans partage sur un monde qui obéit à leurs règles, celles de fils de très bonnes familles élevés dans les meilleures universités mais qui ne sacrifient pas la camaraderie professionnelle à leurs ambitions.

Ces hommes sont mariés à des femmes au foyer qui s’occupent des enfants, s’ennuient, prennent des amants et organisent des ventes de charité où s’entrecroisent dames patronnesses et obscurs responsables politiques locaux. Les hommes, eux-mêmes, trompent leur femme avec les secrétaires de l’agence, l’institutrice de leurs enfants ou des clientes fortunées. Le héros, Don Draper, « créa » de génie, est joué par le séduisantissime Jon Hamm, regulièrement classé parmi les hommes les plus sexys du paysage médiatique. Sa femme, Betty, est campée par la non moins charmante January Jones, un heureux mélange de Grace Kelly et de Gwyneth Paltrow.

Avant même le début de chaque épisode, le générique magnifique introduit, dans une extrême concision, les thèmes de la série. Don Draper y trébuche et tombe, entraîné dans le tourbillon de son génie créatif au gré des campagnes de cet art naissant qu’était la publicité des années 1960. Le héros choit sur une musique entêtante, curieusement extraite d’un morceau du rappeur Aceyalone, alors que défilent en arrière-plan des marques naissantes et du Pop Art. La publicité découvrait qu’elle pouvait faire tout vendre à des consommateurs confortés par l’augmentation récente mais certaine de leur niveau de vie.

La fascination qui entoure la série aux près de trois millions de spectateurs tient à la formidable reconstitution du début des années 1960 aux Etats-Unis. Les personnages évoluent sur fond des discours de Martin Luther King et de l’assassinat de Kennedy. Ils réalisent que les Noirs, qu’ils appellent encore « Negros », aspirent à être plus que les bonnes de leurs enfants ou les garçons d’ascenseur de leurs bureaux. Les publicitaires découvrent même que cette minorité peut représenter une cible marketing et une niche importante en matière de consommation, même si leurs clients avouent sans vergogne redouter que leur marque devienne une « marque de Noirs ».

Les femmes de la série, elles aussi, incarnent les aspirations de l’époque. Peggy Olson, jouée par la piquante Elizabeth Moss – qui a bien grandi depuis qu’elle jouait la fille du Président Bartlet dans une autre série de très grande qualité, The West Wing – s’impose comme talentueuse copywriter, promue grâce à son talent après avoir commencė comme simple secrétaire à l’agence. Jusque là, les femmes ne pouvaient espérer beaucoup mieux que d’épouser le patron en terme d’avancement professionnel. Betty Draper, elle, essuie les préjugės lorsqu’elle souhaite obtenir le divorce de son mari. A l’époque, dans l’État de New York, seul l’adultère (prouvé) permettait de se séparer de son conjoint. Betty n’est plus amoureuse de son mari volage et dissimulateur mais le bonheur des époux ne fait pas encore partie des critères du mariage ou de la séparation.

Outre la reconstitution sociale, la série s’illustre par des décors fidèles et des costumes impeccables. Le noir n’a pas encore envahi la mode et il faudra attendre encore trois décennies pour que la tenue « business casual » s’impose au travail en Californie puis dans le reste du pays. Les femmes rivalisent de couleurs et tentent de voler l’attention par des chapeaux sophistiqués. Si le bureau exige des tenues sobres mais élégantes, les femmes expriment toute leur exubérance vestimentaire dans les country clubs où se faisaient, et se font toujours, les affaires de leurs maris qui les offrent aux regards comme des trophées.

Le rythme très lent des épisodes contribue au sentiment diffus d’un monde perdu, celui de l’entreprise familiale où on prend le temps de faire carrière, celui des relations humaines qui se construisent progressivement autour d’un verre, d’une table de réunion ou d’un dîner, celui des décisions et des virages qui se prennent en douceur. Contrairement aux autres « 24 » et autres « Lost » qui noient le spectateur sous des acrobaties invraisemblables, les situations dans Mad Men mettent du temps à s’installer et évoluent sur plusieurs épisodes. Les personnages grandissent, se consolident jusqu’à ce que les spectateurs entrent dans leur intimité.

Ce qui frappe sans doute le plus le spectateur dans l’harmonieux ensemble, c’est l’alcool et le tabac consommés par les personnages á tout moment de la journée. Toute conversation au bureau ou á la maison se tient autour d’un verre, si possible de whiskey, á n’importe quelle heure du jour. Les femmes ne boivent pas moins que les hommes et les mères de famille partagent volontiers une bouteille de vin quand elles se réunissent l’après-midi, autour des enfants. Le tabac lui aussi fait oublier combien les campagnes de santé publique ont modifié les habitudes de consommation dans les dernières décennies. Hommes et femmes fument tout le temps et partout, y compris dans les lieux publics et à l’hôpital. Les producteurs de la série, accusés de propager le vice, ont confirmé la place des deux addictions dans la vie des Américains dans les années 1960.

J’ai fini hier le 13ème et dernier épisode de la saison. C’est la fin. Une série qu’on aime, c’est quinze jours de bonheur puis cinquante semaines de purgatoire. Et puis un jour, les producteurs jettent l’éponge et le fan ne souhaite qu’une chose, c’est qu’on fasse mourir les personnages. Pour ne pas les regretter.

Jim et Susan

octobre 21, 2009

Appelons-les Jim et Susan. Jim est portfolio manager dans une grand banque française à New York et a le titre de Vice-President. Susan est aussi portfolio manager dans la même banque et a le titre d’Associate. La différence d’âge et d’expérience expliquent, semble t-il, la différence de titre.

Susan est sportive. Yoga, spinning, pilates, kick-boxing, elle fréquente tous les jours la salle de sport en bas de l’immeuble. Jim, lui, a vingt petits kilos de trop, ne fait pas de sport et l’assume, et il aime le sucre. Mais il a aussi beaucoup de compassion pour les malades affectés de sclérose en plaques. Aussi, quand Susan lui propose de parcourir 30 miles en bicyclette pour soutenir la maladie, il dit banco… et sort son vélo poussiéreux, modèle Peugeot d’il y a vingt-cinq ans.

Tandis que Susan s’entraîne et se prépare à l’événement sur son vélo d’intérieur, Jim parle. De l’événement. Beaucoup. Des vingt-cinq ans sans vélo. De l’envie de monter sur la selle. De l’envie de finir. Sans s’être entraîné. Du tout. Mais il communique, il envoie des e-mails où l’auto-dérision l’emporte, il informe chacun des progrès de sa levée de fonds et répète à l’envi qu’il ne sait pas si son corps va suivre. Mais son trust est prêt, l’assurance décès paiera les études du& bambin de deux ans, il devrait faire beau le jour de la course et… la levée de fonds bat son plein. Même le petit chef, puis le grand chef, se laissent séduire par autant d’amateurisme et mettent au pot. L’objectif de& $1 000 de dons est atteint la veille de la course et l’information abondamment relayée.

Le jour J, nul n’a fait le déplacement pour encourager Jim mais Susan est& là, en forme, joyeuse, pleine d’entrain. Personne n’a non plus fait le déplacement pour Susan. De toute facon, elle ne cherche pas à gagner,puisqu’elle s’est jurée de soutenir Jim dans son entreprise. Elle pourrait partir en tête et le laisser sur le carreau mais alors elle n’aurait pas accompli son objectif de finir ENSEMBLE.

Le début est facile malgré la foule. L’adrénaline a décuplé l’énergie des participants. Mais les miles sont longs, et nombreux. Jim ne se laisse pas désespérer. Il a tellement chanté qu’il ne pourrait pas finir ou même qu’il mourrait, qu’il n’a d’autre choix, au final, que de franchir la ligne d’arrivée. Ce qu’il finit par faire, soutenu jusqu’au dernier yard par la& détermination de Susan.

Le lendemain, Jim arrive fourbu et claudiquant au bureau mais il est accueilli par les oh ! et les ah ! de ses collègues. Il envoie bien vite un e-mail relatant la dureté de la course, l’endurance dont il a fait preuve, la rapidité du vélo neuf qu’il a fini par louer, les détails du parcours, l’aridité des côtes, le soulagement dans les descentes et… le soutien indéfectible de Susan. Le petit chef vient le féliciter d’une franche poignée de main et le grand chef fait de même, accompagnant son geste d’un tapotement sur l’épaule.

Jim et Susan sont tous deux candidats à une promotion cette année mais un seul peut l’obtenir.

Qui l’aura ?